27.09.2005

Le chiffre 7 (suite) : Le Temple d'Arthémis

 Il se situait à Ephèse, ancienne ville d’Ionie, sur la Mer Egée. Fondée au VIIème siècle avant J.C. au débouché de la route de Lydie, ancien pays de l’Asie mineure, elle en fut le principal centre financier. En effet, une des particularités du temple était qu’il faisait aussi fonction de banque. En outre, le culte d’Artémis, déesse grecque, fit d’elle une capitale religieuse et a été le premier facteur de son développement et de sa croissance. Prêtres, prêtresses, gardes qui assuraient le service du Temple se comptaient par centaines.

Nous ne savons pas comment els hommes nommaient la déesse mais Cybèle était le plus répandu. Souvent appelée Mère des Dieux ou la Grande Mère, elle personnifie la puissance de la végétation.

Mais Cybèle s’hellénise et s’appelle d’abord Diane, déesse italiote, fille de Jupiter et de Latone, reine des bois et de la nature sauvage puis Arthémis. La mythologie la présente comme fille de Zeus et de Lêto et comme sœur d’Apollon dont elle est, pour ainsi dire, l’équivalent féminin. C’est une déesse dompteuse et protectrice d’animaux sauvages, symbolise la virginité et est représentée par les peintres et les sculpteurs armée d’un arc et d’une flèche.

Vers 600 avant J.C. un nouveau Temple est construit à Samos, île grecque de la Mer Egée. Ephèse, ville rivale, en fut piquée au vif et ses habitants décidèrent la construction d’un temple qui le surpasserait en beauté. Edifié sur un terrain de nature marécageuse, il fut nécessaire de placer une couche de charbon de bois recouverte de peaux. Il sortit, alors, de terre un temple de 155m sur 55, beau sous tous les angles. Ce fut le plus grand bâtiment de son époque construit entièrement en marbre. De chaque côté, il y avait deux rangées de colonnes de 19m de haut sur 1,2m de diamètre. Pline l’Ancien, naturaliste et écrivain latin, nous apprend qu’il y avaient 127 colonnes au total et que les 36 colonnes de la façade avant étaient sculptées. Elles auraient été offertes par Crésus, roi de Lydie. Sur une de celles-ci (columnae caelate) exposée au British Muséum on peut lire « Crésus l’a offert ».

La partie intérieure du temple abritait une statue de la déesse Artémis en pierre noire ornée d’or et d’argent. Sur la forme du toit, on ne possède aucun indice qui permettre une reconstitution mais on sait qu’il était fait de tuiles.

Le temple possédait un certain nombre de privilèges dont le plus important était le droit d’asile accordé à tout qui s’y réfugiait. L’espace sacré fut agrandit par Alexandre le Grand, par le roi Mithridate puis par l’Empereur Marc-Antoine qui le doubla ce qui eut pour effet d’inclure une partie de la ville dans cette zone protégée. On voulu à différentes reprises supprimer ce droit d’asile mais quand l’Empereur Tibère soumis la question aux représentants du temple, la suppression ne fut pas décidée.

Strabon, géographe grec, rapporte que ce célèbre temple aurait été détruit puis reconstruit à sept reprises (tiens ! encore le chiffre 7) en 10 siècles.

Incendié une fois en 356 avant J.C., la nuit où naquit Alexandre le Grand, par un fou nommé Erostate qui voulait, tels les conquérants, immortaliser son nom. But atteint puisque 2.000 ans plus tard, on le connaît encore.

Les éphésiens indignés rendirent un décret qui défendait, sous peine de mort, de prononcer le nom d’Erostrate. Depuis, ce nom est passé dans toutes les langues pour caractériser ceux qui commettent un acte insensé dans le but de se rendre célèbre.

Il fut détruit la dernière fois lors de l’invasion des Goths en 265 de notre ère.

C’est aujourd’hui un amas considérable de ruines non loin de Smyrne découvertes en 1866.

D’ailleurs, parmi les 7 merveilles du Monde, seule la grande pyramide de Gizeh, la pyramide de Kéops, peut encore être admirée.

Les fouilles effectuées aux alentours oint permis de retrouver des pièces remontant au VIIème siècle avant J.C. et notamment des poteries décorées, ornements en or et objets en ivoire. Mais les pièces les plus intéressantes sont des monnaies d’électrum (alliage naturel d’or et d’argent) qui passent pour être les premières pièces de monnaie jamais fabriquées au monde.

 

Un peu de légende

Les 7 (encore) dormants d’Ephèse.

Vers 127 après J.C., 7 jeunes chrétiens se seraient endormis dans une caverne. Réveillés par le bruit au milieu du Vème siècle, ils sortent inconscients de leur long sommeil. L’empereur Théodore voit dans ce miracle la preuve de la résurrection des morts.

Il leur est, aussi, consacré la 18ème surate du Coran.

Pour commémorer l’événement, Louis Massignon (orientaliste français 1883 – 1962) a créé en 1954 un pèlerinage réunissant chrétiens et musulmans et qui se déroule à Vieux-Marché, en Bretagne.

 

 

Raymond Schmitt

 

 

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